Il y a dans les champs l'herbe qui se redresse
Et les gros arbres drus agitent leurs feuillages
À l'orée du ruisseau les jonquilles paressent
Marquises de ces lieux, duchesses des bocages
Et peu à peu l'éclat semble réapparaître
Le museau du matou entrebaille la porte
De la vieille bâtisse aux parois qui s'effritent
Une épaisse fumée la bonne odeur transporte
C'est la soupe qui cuit dans la grosse marmite
Et peu à peu l'éclat semble réapparaître
D'un rayon timoré qui perce les nuages
La corolle d'un lys plie sous le poids de l'eau
Révérence accomplie : falot comme royal
Les roses, les bleuets aussi courbent le dos
Et ainsi l'on assiste au salut pastoral
Et peu à peu l'éclat semble réapparaître
D'un rayon timoré qui perce les nuages
À travers les chemins jusque dans les fenêtres
L'odeur de l'herbe fraîche envahit les narines
Et le chant des oiseaux fait frissonner les branches
Un lapin guilleret talonne sa lapine
Offusquant au passage une blanche pervenche
Et peu à peu l'éclat semble réapparaître
D'un rayon timoré qui perce les nuages
À travers les chemins jusque dans les fenêtres
Tout semble s'éveiller après le gros orage
Empreintes